mercredi 5 septembre 2007, par mathieu
En 1968, le bureau d’études de DASSAULT planche donc tout d’abord sur une version pour 110-120 passagers, propulsée par deux réacteurs Rolls Royce placés à l’arrière du fuselage, puis adopte finalement une définition d’avion pouvant transporter 160 passagers sur plus de 1 100 kilomètres, afin que cet appareil puisse être exploité sur les lignes court-courrier, le mettant en concurrence directe avec le B737, seul appareil du segment.
Fort de l’expérience acquise avec le développement de sa gamme à succès Mystère-Falcon, le bureau d’étude de DASSAULT concoit son nouvel appareil avec des moyens très modernes pour l’époque, à l’instar des moyens de calcul utilisés pour la conception de la voilure permettant d’appliquer son acquit aérodynamique des hautes vitesses ainsi que la sustentation, aux basses vitesses, l’avion se trouve ainsi doté d’une voilure en flèche de 25°, pourvue de becs de bord d’attaque et de volets à triple fentes. Le résultat est plutôt positif, en effet, bien que plus gros que le Boeing 737, le Mercure - propulsé par deux réacteurs à double flux Pratt & Whitney JT8 D 15 placés sous les ailes - va plus vite, il sera d’ailleurs surnomé "le chasseur d’AIR INTER" par les pilotes de la compagnie.
Le programme Mercure est officiellement lancé en 1969, le nom Mercure est inspiré de la mythologie grecque, conformément à la volonté de Marcel Dassault. Ce programme, avant-même la création d’AIRBUS quelques années plus tard, est le premier projet de coopération européenne dans le domaine de l’aviation civile. En effet, la fabrication est répartie entre plusieurs entreprises ; espagnole (CASA), suisse, italienne (Fiat), Belge (ADAP), ainsi qu’une entreprise canadienne (Canadair). L’entreprise DASSAULT est quant à elle chargée de la maîtrise d’oeuvre et de l’assemblage final qui a lieu, à Mérignac - la base historique de l’avionneur - pour le prototype puis, à Istres dans des intallations toutes neuves, pour les avions de série.
Un premier prototype s’envole le 28 mai 1971, avec à son bord Jean Coureau, chef pilote, Jérôme Résal, pilote et Gérard Joyeuse, ingénieur d’essais. Il était temps ! en effet, quatre jours plus tard, après seulement neuf heures de vol, le prototype est présenté au Salon du Bourget.du Bourget pour son 6e vol et après seulement 9h de vol d’essais. Plus d’un an après, le 7 septembre 1972, un second appareil décolle, équipé de réacteurs pls puissants. En juillet 1973, le premier avion de série prend l’air et en février 1974, le Mercure obtient la certification DGAC, nécéssaire pour son exploitation commerciale.
Mais sur le plan commercial, le Mercure est victime d’une conjoncture économique peu favorable à l’exportation au Etats-Unis notamment, de son faible rayon d’action et de ses moteurs anciens trop bruyants. Alors que plusieurs compagnies aériennes s’étaient montrées intéressées par l’appareil, seule la compagnie nationale AIR INTER se porta acquéreur pour une dizaine d’appareils. Dès décembre 1975, la chaîne d’assemblage fut arrêtée, et le projet d’une déclinaison ralongée de l’appareil qui vit le jour l’année suivante resta sans suite. L’exploitation du Mercure au sein de la compagnie française fut plutôt positif. En effet, malgré les doutes initiaux, l’avion s’est montré parfaitement adapté au réseau d’AIR INTER et a été exploité pendant vingt ans, jusqu’en 1995, grâce à sa fiabilité et sa modernité. En 1983, Air Inter passa même commande de la mise au standard du prototype Mercure 02, qui lui fut livré la même année et devint le onzième appareil de sa flotte.
Fiche technique :
Envergure : 30,56m Longueur : 34,84m Vitesse : 930 km/h Capacité : 150 passagers Masse max au décollage : 54 T Masse max à l’atterrissage : 50,3 T Propulsion : 2 turbo réacteurs PRATT et WHITNEY JT8D15 de 7 025 kg de poussée